North Cuesta Track

North Cuesta Track

Après la North Trail, c’est au tour de la North Cuesta Track. Il s’agit toujours de gravel sur les chemins des Hauts de France. Ce brevet est organisé par le club Lys VTT, basé à Erquinghem-Lys près d’Armentières, et regroupe une cinquantaine de cyclistes. C’est d’ailleurs depuis cette ville que le parcours commence, pour y revenir une fois bouclé.

Il est quand même prévu 450 km pour 5000 m de dénivelé, avec uniquement de la route pour les liaisons.

Habitant à proximité, il suffit de s’y rendre directement à vélo, depuis Lille pour Félix et depuis la maison pour moi; ce qui est appréciable.

Briefing

On est agréablement accueilli le vendredi 10 en fin de journée pour valider nos inscriptions et recevoir nos casquettes souvenir.

Il n’y a plus qu’à se diriger vers une pâture où tous les participants peuvent déjà s’installer pour passer la nuit.

En attendant le briefing, la brasserie “DePlus” a la gentillesse de nous faire goûter sa bière blonde en pression.

Maintenant que tous les cyclistes sont réunis, Benoît l’organisateur peut le commencer et nous demande de prévoir l’horaire de départ du lendemain.

Puis la soirée se termine avec une dégustation de galettes turques à la viande, au fromage ou végétariennes, sans oublier une spécialité lactée en guise de dessert.

Après ce repas, il ne reste plus qu’à se réfugier dans nos tentes pour certains comme Félix ou dans des bivys ( enveloppe protégeant le sac de couchage ) pour d’autres comme moi…

Have a good night !

Jour 1 : les Monts et les marais

Avant le départ, on profite d’un petit déjeuner acheté la veille avant la fermeture des boulangeries, ainsi que d’un café proposé par l’organisation !

Avec Félix, il est prévu de commencer à rouler le samedi 11 à 5h30 car les départs sont échelonnés par équipe. Direction les Monts des Flandres avec un lever de soleil sans nuage mais une température bien fraîche.

Bien sûr, le premier sur l’itinéraire est le Mont Kemmel avec ses pavés, se situant en Belgique.

Retour en France avec le Monts des Cats et le fromage ou la bière des moines de l’abbaye .

C’est justement à son niveau que l’aventure a failli se terminer pour Félix.

En effet, sa nouvelle sacoche de cintre, achetée la veille, frotte sur le cadre du vélo sans pouvoir la maintenir. Décision est prise de transférer son contenu dans ma sacoche de selle que je n’avais pas remplie au maximum. Reste à dissimuler sa sacoche parmi les arbres de la forêt, sans oublier de la repérer, afin de revenir la récupérer par la suite…

Le dernier Mont concerne la ville de Cassel où la pause déjeuner s’impose.

C’est également le cas d’une majorité d’entre nous qui a repéré la même boulangerie.

Nous nous installons au soleil sur les marches de l’hôtel de ville avec nos sandwichs. Ludo en fait autant et c’est l’occasion pour faire connaissance, avant de reprendre l’aventure avec lui un peu plus loin.

L’après-midi est plus roulant en direction de la forêt de Clairmarais vers Saint-Omer. Celle-ci renferme le premier checkpoint “ Pression “ qui a failli nous manquer.

Ceci, car pour éviter un tronçon moins praticable, nous avons été tenté de le contourner. Erreur fatale et demi-tour immédiat pour le rejoindre, afin de le valider grâce à un selfie transmis immédiatement…

Pendant ce temps, tous les autres ont pris le large !

Soulagés par cette première phase, nous fonçons vers l’ouest jusqu’à Licques en traversant encore de nombreux bois. Au beau milieu des marais, un brave pêcheur nous confirme le franchissement d’une passerelle incontournable.

Au passage de Watten, nous récupérons de nos émotions avec un copieux goûter de sandwichs, pendant que Félix fait sécher sa tente.

Hélas, Ludo connaît ensuite des ennuis de pédale automatique, avec une cale ne tenant plus en raison de la perte d’un boulon. Il faut se résoudre à continuer sans lui !

Pas grave, car il nous retrouvera au moment du souper dans une brasserie de Licques.

C’est l’occasion de savourer son poulet qui est la spécialité locale.

Il y a bien un camping mais nous préférons profiter du soleil couchant pour rouler encore. Au moins jusqu’à Harmelinghen, qui va aussi permettre à Ludo de résoudre le problème de sa pédale.

En effet des passionnés de quads possèdent tout ce qu’il faut. Juste à côté, un fermier accepte de nous prêter sa grange comme refuge pour la nuit. Il était temps avant de ne plus rien voir et la paille ne demande qu’à nous accueillir !

Jour 2 : le boulonnais

Réveil un peu plus tardif que la veille en ce deuxième jour, pour un départ à 6h30.

Il faut se diriger jusqu’à Hardinghen pour trouver la première boulangerie ouverte.

Avant le premier café ouvert à Brunembert, il est impératif de ne pas manquer le deuxième checkpoint “ La soif “ dans un magnifique bois.

Soulagés par ce nouveau checkpoint, chocolat et café viennent compléter la boulangerie, sans oublier le plein en eau dans le cimetière local.

Nous contournons Desvres, pays de la faïence, pour atteindre Samer et ses fameuses fraises.

Parfait pour Félix qui a besoin de renouveler son capteur de glycémie dans une pharmacie. En attendant, une table est réservée pour nous trois au Clos des Brasseurs, avec pâtes carbonara et boeuf au menu.

Ces calories seront indispensables car la suite du GR du Boulonnais s’annonce intensif jusqu’à Hesdin.

Il faut absolument atteindre cette ville pour le dîner car plus grand chose est ouvert en ce dimanche soir ! Nous avons le temps d’y réfléchir car les longs chemins séparant les champs immenses sont interminables.

C’est sur un pont fleuri, que nous engloutissons pizzas et tagliatelles au saumon.

Sans tarder, on remonte ensuite la Canche jusqu’à Fillièvres, car Félix a repéré par satellite un hangar pour passer la nuit.

Cette dernière est donc presque identique à la précédente en prenant goût à la paille, avec encore l’accord des fermiers ! L’installation est plus rapide que la première nuit, annonçant un sommeil plus conséquent pour récupérer.

Direction l'est...

Jour 3 : l’Artois et le bassin minier.

Ce troisième et dernier jour espéré commence de la meilleure façon avec le café de Ludo fait maison.

Avec ce réveil énergique, on arrive vite à Frévent, où boulangerie et café se trouvent très proches.

Puis on remonte plein nord vers Saint-Pol-sur-Ternoise avec un vent qui va être défavorable. Au passage, le troisième checkpoint “Style” est immanquable !

Il va permettre quelques pitreries de Félix et Ludo, pendant que je fais demi-tour pour essayer de récupérer les lunettes de Ludo, en vain… Celui-ci n’est vraiment pas gâté pour son dernier jour car il est victime d’une double crevaison. Heureusement que nous sommes à ses côtés en tant que fidèles assistants.

Après ces péripéties, une épreuve intense se dresse sur le parcours, avec l’ascension de La Comté ! Comme dans “Le Seigneur des Anneaux”, cette montée est aussi rude que parsemée de profondes ornières.

Tout juste le temps de récupérer qu’il faut traverser la forêt d’Olhain et ses sentiers escarpés. Ce qui s’annonce délicat, avec nos ventres qui crient famine, d’autant plus que Félix est en hypo ! Contrairement au dimanche, tout est fermé en ce lundi. Miraculeusement, une mini restauration reste ouverte au niveau de la base de loisirs d’Olhain, qui reste très fréquentée par les familles en cette période de vacances.

Une fois rassasiés, le passage au-dessus de la rocade minière annonce le bassin minier de Lens. Pas de dernier checkpoint prévu, mais il est nécessaire de se hisser au sommet du plus haut des deux terrils dits “des jumeaux de Loos-en-Gohelle”.

Ascension devant être quand même justifiée par un selfie !

Ces mini montagnes de résidus de charbon sont vraiment ingrates pour les cyclistes et leur machine, avec des pentes pouvant atteindre les 20 %; d’ailleurs Ludo est victime d’une chute sans gravité… Après ces derniers efforts, il n’y a plus qu’à traverser la base de loisirs de Wingles. Puis, toujours vers le nord, on frôle la maison où j’aurais bien pris ma douche ! Cependant, Benoît nous attend sur la ligne d’arrivée à Erquinghem-Lys. C’est donc vers 20h que notre trio la franchit, après trois jours d’aventures inoubliables ! Après quelques photos souvenirs, je m’accorde quand même une bière.

Avant de repartir, d’autres participants fort sympathiques commandent des pizzas pour tout le monde. Parmi eux, un équipage mixte en tandem n’en revient pas d’avoir réussi cet exploit ! C’est le moment de se remémorer quelques anecdotes croustillantes. Hélas, il faut ensuite remonter sur nos vélos, qui doivent encore nous reconduire chez nous, sauf Ludo qui reprend forcément la voiture pour Dunkerque. J’ai indéniablement apprécié rouler avec Félix et Ludo, ce qui m’a changé de mes virées en solitaire… Cet article est en quelque sorte dédié aux passionnés de l’équipe organisatrice de Lys VTT, qui n’a jamais compté son temps et ses efforts pour me permettre de le raconter et de le documenter ! Un énorme merci en attendant la prochaine édition…