Les Flandriennes se terminent avec leur reine : Paris-Roubaix
Nous ne sommes plus en Flandres mais c’est quand même la fin de leur saison.
Place ensuite aux Ardennaises, comme l’Amstel Gold Race ou Liège-Bastogne-Liège qui nous attend dans quinze jours.

Cette reine est autant redoutée par les professionnels que par les amateurs.
Cependant c’est la récompense de toutes les classiques précédentes !

Il paraît qu’on l’affronte que si on la désire réellement …
Bernard Hinault la détestait mais il a réussi à la remporter grâce à son caractère de  » blaireau  » !
Vendredi, Félix a la chance de croiser le meilleur cycliste de l’année 2017; Greg Van Avermaet est en reconnaissance avec son équipe BMC.

Quant à nous, c’est notre troisième participation au Paris – Roubaix Challenge.
Félix a même fini le précédent en fixie single speed !

Après mes deux premiers en vtt, je décide de faire comme tout le monde avec un vélo de route.

C’est donc le bon vieux Victoire de Papa que je vais encore mettre à contribution, après sa réussite sur le Tour des Flandres.
Seulement je l’avais surestimé car les pavés du Paris-Roubaix sont plus coriaces que les flandriens !
Surtout qu’il y en a plus d’une cinquantaine de kilomètres …
Nous avons préféré récupérer nos dossards la veille à Roubaix, pour se plonger dans l’ambiance …

... vélodrome ...

Comme à notre habitude, nous nous élançons sur le parcours le plus long de 172 km.
Son départ est donné à partir de Busigny, au niveau de Caudry.
Les professionnels débutent à Compiègne, mais le premier secteur pavé ne se situe qu’après cette petite ville du Cambrésis.

C’est celui de Troisvilles, suivi de vingt-huit autres …

Nous sommes au point le plus haut de la course à 136 m.
Ces secteurs sont répertoriés en fonction de leur difficulté, de 1 à 5 étoiles, c’est-à-dire du bleu jusqu’au noir.
On se croirait sur les pistes !

Deux fois moins de cyclistes qu’au Tour des Flandres, sur les trois parcours réunis, mais deux fois plus qu’à Lille-Hardelot; c’est-à-dire environ 8000 !
Par contre, deux fois plus chaud que la semaine dernière, avec une vingtaine de degrés prévus sur le vélodrome de Roubaix …
En espérant que cette chaleur assèche les pavés, humidifiés par les pluies de la semaine passée.

Le printemps est enfin au rendez-vous pour ce week-end !

Comme souvent, le léger vent de sud-ouest va nous pousser jusqu’à l’agglomération lilloise.
Dès le départ, nous roulons aisément à plus de 30 km/h.
Même les premiers secteurs semblent lisses, jusqu’au premier ravitaillement de Verchain.

Un peu trop peut-être, car sur celui suivant cette pause, je me retrouve le visage contre le pavé !

En voulant doubler pour récupérer le haut du pavé plus roulant au milieu, je pense avoir heurté la terre avec la pédale qui m’a déséquilibré.
Voilà ce qui arrive quand on veut suivre l’allure infernale du garçon qui semble flotter sur le pavé !
Il faut dire qu’il peut exprimer toute sa puissance sur ce type de revêtement …

Le temps pour retrouver Félix, inquiet et qui tente de me joindre, semble interminable avec la douleur …
D’un seul coup, les pavés vous semblent infranchissables !
Pourtant il paraît qu’il faut prendre de la vitesse pour moins les sentir …

On finit par se retrouver au niveau de la fameuse Trouée de Wallers-Arenberg.

Il m’attend pour la franchir ensemble.
Nous sommes d’abord surpris de ne pouvoir l’emprunter dès son début, car elle a été préparée pour la course des pros du lendemain.
Ce qui est rétabli au bout de quelques centaines de mètres …

Heureusement car c’est le passage pavé emblématique de Paris-Roubaix !

On ne fait pas plus mythique que ce secteur découvert par Jean Stablinski, qui avait travaillé… dessous comme mineur ; sa stèle en marque le début.
Aussi appelée Drève des Boules d’Hérin, cette ligne droite au coeur de la Forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers a intégré l’Enfer du Nord en 1968.
Moins glissante que l’année dernière mais il vaut mieux rester au milieu …
Presque en file indienne car malheur aux tentatives de dépassement !

La chaleur est maintenant bien présente et il faut songer à retirer sous-gants, brassières et jambières.
Puis on se rapproche d’Orchies, en passant par des secteurs connus, comme celui de Pont Gibus.
En effet, Gilbert Duclos-Lassalle fut l’un des vainqueurs de Paris-Roubaix.
Le ravitaillement de Beuvry-la-forêt est l’occasion de bien se désaltérer avec l’augmentation de la température …

C’est au tour de Mons-en-Pévèle.

Ce n’est pas le plus connu des secteurs pavés, mais c’est assurément l’un des plus difficiles.
En tout cas c’est le plus «sale» avec une chaussée irrégulière et piégeuse à l’extrême, des bas-côtés qui n’aident pas et une pente qui fait mal.
Il est d’ailleurs classé 5 étoiles en noir, comme la Trouée !
C’est pour cela qu’il est chronométré …

 

Chevalets d'Arenberg

La plupart des cyclistes attendent avec impatience le Carrefour de l’Arbre …
C’est un point souvent clé de la course, avec un virage à angle droit suivi d’un faux plat montant casse-pattes avec au bout… un restaurant, L’Arbre.
Par temps sec, ce secteur aussi appelé Pavé de Luchin, se voile d’un nuage de poussière aux aspects oniriques.

Pour ne rien arranger, on y arrive fatigué au bout de 150 km !

Tout le monde puise dans ses réserves pour faire le meilleur temps.
Surtout que c’est pratiquement la fin des pavés.

Félix m’attend une énième fois car je me traîne de plus en plus …

Il y a eu la chute, mais elle n’explique  pas tout.
Les jambes sont molles et je pense avoir été victime d’un coup de chaud au début de la course, en étant trop couvert.
A mon tour de l’attendre … mais en raison d’une crevaison sur les derniers hectomètres de pavés !

Le plus difficile est derrière nous car il ne reste plus qu’une dizaine de kilomètres en agglomération, avec la traversée de Hem.
Le dernier secteur pavé Charles-Crupelandt, seul vainqueur roubaisien de l’épreuve, est réservé aux professionnels.
D’ailleurs tous ceux qui l’ont remportée, sont immortalisés par un pavé à leur nom, incrusté parmi ceux de ce  secteur célèbre .
Nous le longeons donc avant de pénétrer sur le vélodrome, l’ancien en plein air car le nouveau est couvert.

C’est toujours un grand moment d’émotions, et un privilège, qui fait oublier notre fatigue et mes blessures.

On se  surprend même à essayer de sprinter, en prenant de la hauteur dans le dernier virage de cet anneau chargé de nostalgie.

La médaille nous attend, à peine franchi la ligne arrivée !

Puis quelques photos, sous le chaud soleil roubaisien, terminent cette journée riche en rebondissements.
La semaine prochaine, nous reprendrons la série du Etixx Classics Tour, avec la Flèche Brabançonne pour le début des Ardennaises …

About Philippe

Depuis qu’il retrouve ses élèves à vélo, il ne peut désormais plus s’en passer au point de faire le Tour de la France sur sa bicyclette.

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