L’Enfer du Nord
L’année dernière ce challenge s’est vraiment terminé en enfer avec une fracture du cinquième métacarpien ! Je ne voulais pas rester sur cette désillusion d’autant plus que ce n’était pas de ma faute. Cette année, Félix et moi avions manqué les inscriptions mais des places supplémentaires se sont libérées un mois auparavant. La tentation fut forte même si ce challenge est toujours effrayant ! Après réflexion, nous voilà à nouveau engagés sur ces terribles pavés…
Les dossards sont toujours à retirer sur le village à proximité du vélodrome de Roubaix. Avec Félix, nous préférons les récupérer la veille du challenge pour profiter des dernières nouveautés présentées à cette occasion. Nous sommes inscrits pour « la mythique » qui a l’avantage de faire une boucle d’un peu moins de 150 km à partir de Roubaix. Le principal étant de toujours parcourir les dix-neuf secteurs pavés principaux.
Cette année plus de vtt pour moi car il a été revendu pour un vélo de cyclo-cross. Je vais donc imiter Félix qui roule aussi sur un « Crux » de la marque Specialized. Seul le choix des pneus est différent entre nous deux.
Un jour avant les professionnels hommes et femmes, on prend le départ le samedi 11 avril. En 2025, les femmes pros roulaient en même temps que les amateurs, mais en partant plus tard pour éviter de nous rattraper. La météo se présente moins propice que l’année dernière avec des gouttes attendues en fin d’après-midi. Il suffira d’être de retour à Roubaix avant !
Pas évident de choisir la bonne tenue car en cette mi-avril les températures sont contrastées tout au long de la journée. Nous partons parmi les derniers groupes de notre créneau horaire vers 8h30. Nos gros pneus sont gonflés à bloc pour rouler à grande vitesse en peloton sur la première partie du parcours essentiellement bitumée. L’intérêt de ces groupes qui se forment est d’affronter plus facilement le vent d’est défavorable.
Saint-Amand et la forêt de Raismes approchent à grande vitesse et les cyclistes vont entrer dans le vif du sujet ! Notre premier secteur est le dix-neuvième sachant qu’ils sont numérotés dans l’ordre décroissant jusqu’à l’arrivée. C’est la mythique « Trouée d’Arenberg » qui s’était mal terminée pour moi en 2025.
Tout le monde n’oublie pas de baisser la pression des pneumatiques afin d’amortir au maximum les secousses des pavés du nord. Surtout que ceux de ce secteur sont particulièrement ingrats car ils sont d’origine et ne pardonnent aucune erreur. Impossible d’y échapper car des barrières le longent de chaque côté avant d’en sortir à nos risques et périls ! Félix s’y engouffre sans appréhension, contrairement à son padre qui reste crispé après les mauvais souvenirs de ce néerlandais qui l’avait projeté dans les barrières. Cette fois-ci j’en sors indemne pour poursuivre ce challenge dans de meilleures conditions !
Le vent est maintenant favorable mais le ciel s’est obscurci et il fait de plus en plus lourd. Les secteurs pavés s’enchaînent plus ou moins bien en fonction de leur difficulté numérotée de une à cinq étoiles comme ceux de « Mons-en-Pévèle » ou du « Carrefour de l’arbre » parmi les plus connus. Après avoir passé le premier ravitaillement, il faut quand même faire une pause au niveau du deuxième car la soif se fait sentir et une bonne banane nous fera du bien pour éviter la fringale !
La pluie approche alors qu’on vient à bout des derniers secteurs et que la foule est de plus en plus nombreuse. Il faut rester vigilant en pénétrant dans l’agglomération roubaisienne car la lucidité de chacun diminue. Avant de pénétrer sur l’ancien vélodrome extérieur de Roubaix, nous passons aisément le secteur numéro un « Charles Crupelandt » car ce ne sont que des pavés urbains qui célèbrent tous les anciens vainqueurs pros de ce monument du cyclisme mondial.
Hélas, cette année, nous n’avons le droit qu’à un demi-tour dans le sens horaire pour rouler sur la pente impressionnante de ce vélodrome. Passés la ligne d’arrivée vers 14h30, Félix et moi récupérons nos médailles toujours magnifiques et fiers d’avoir réussi ce challenge infernal et incroyable !
Le mauvais temps nous laisse tout juste le temps de récupérer avec le traditionnel hamburger frites arrosé d’une bière désaltérante ! Espérons que l’année prochaine les planètes soient aussi bien alignées…