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Côtes de La Manche

Direction les plages du débarquement ...

Le mois d’août se termine mais la météo s’améliore, surtout en Manche !
Le projet 2018 de longer ses côtes va pouvoir se réaliser …
Théoriquement je n’ai besoin que de trois jours, au rythme de 200 km par journée.
Il y a en effet 600 km aller-retour jusqu’à Omaha, depuis Eu-Le Tréport.
C’est à son niveau que j’ai décidé de débuter ce périple à deux roues.

Aux premières heures de ce lundi 19 août, je suis déjà garé devant la gare du Tréport.
Les heures passées ayant été agitées, il va falloir lutter contre un vent d’ouest sensible …
J’aurais préféré partir vers la Belgique !
Pas le choix car la première étape doit me conduire jusqu’à Fécamp.

La montée pour ressortir du Tréport n’est qu’un échantillon de ce qui m’attend …
Qui dit falaises, dit aussi forcément dénivelé !

Avant Fécamp, il y a Dieppe et sa dieppoise bien connue.

Alors que je me dirige vers son château en longeant la plage, je sens la fraîcheur et l’humidité des averses.
Rien d’alarmant puisqu’elles semblent rester sur la Manche, mais le beau temps n’est pas vraiment établi !

Vers midi, je déjeune à Veules-les-Roses, l’un des plus beaux villages de France !
Façon de parler, puisque mon nouveau principe de menu, pour un gain de place, consiste à absorber à la cuillère une préparation censée être confectionnée au four ou au micro-ondes …

Quelques falaises plus loin, je domine Fécamp.
En effet, en arrivant par l’Est, je me situe sur le Cap Fagnet avec sa vigie et la chapelle Notre-Dame-du-Salut.

Entre quelques photos inévitables, je n’oublie pas de remettre du carburant dans le cycliste chez « Malo » !
Il faut aussi prévoir pour le souper si je ne trouve pas de Macdo, moins courant le long des côtes …

Je pourrais me poser pour la nuit mais je préfère la passer à Etretat juste après le coucher de soleil.
Après une bonne descente, je traverse Fécamp en découvrant que c’est la capitale de la Bénédictine avec son palais.
Bien sûr, le nouveau gps a oubié de se déclencher au Tréport, emputant le début du voyage !

J’accélère le rythme avec la course contre la montre avec le soleil !
Il ne reste que quelques kilomètres pour Etretat.
Ouf ! Me voilà au bon moment sur la falaise d’Amont.
Je n’ai plus qu’à attendre la disparition de notre astre, en contemplant celle d’Aval mitoyenne de la célèbre aiguille.

Ce spectacle est grandiose comme le constatent les autres personnes m’entourant !
Il en est d’ailleurs de même au niveau de la plage, avec une autre perspective.

Après cette longue première journée, il faudrait songer à dormir.
Une parcelle de terrain non occupée fera l’affaire, sans déranger personne …

Pas la peine de réveil avec celui des mouettes !
Il ne faut pas non plus traîner, avant de se faire remarquer.
Je sais que je m’approche du Havre en découvrant le cap d’Antifer et son terminal pour maxi pétroliers.

Après l’aéroport, c’est au niveau du sémaphore de la Hève que je contemple le port à perte de vue ainsi que la ville presque entièrement reconstruite après la guerre.

Au loin, la destination finale des plages du débarquement est presque visible au-dessus de la brume côtière !
Pour ce deuxième jour, il est prévu de passer la nuit dans les environs de Deauville …

Mais auparavant, je vais profiter des nouveaux quais resplendissants du Havre et essayer de ne pas me perdre dans l’immensité de son installation portuaire !

C’est en voulant sortir de celle-ci que je vais perdre bêtement du temps.
Il s’agit de rejoindre le pont de Normandie …
Un pont de l’écluse François I er est relevé pour au moins une heure.
N’ayant pas remarqué qu’on peut en emprunter un autre, je suis mon parcours prévu.
Hélas, au bout de quelques kilomètres, l’accès au pont de Normandie se fait par l’autoroute.
J’ai bien cru que mon périple côtier était sans issue !
Alors que je fais du stop en espérant qu’un routier veuille bien m’amener au départ du pont enjambant la Seine, un de ceux-ci m’explique gentiment qu’on peut y accéder à partir de l’écluse François I er, en utilisant son autre pont quand le premier est fermé.
Donc demi-tour jusqu’à celle-ci, en rage !
Effectivement, il est prévu que le trafic routier s’écoule par l’un ou l’autre pont, en fonction du passage de l’écluse par les bateaux; ce qui est logique …

Après presque une heure perdue, je me rapproche enfin du pont de Normandie, soulagé de poursuivre en direction d’Omaha.
Ses deux piliers semblent se dresser comme des géants !
Avant de le franchir, passage par une exposition et la boutique souvenirs.
Comme celui de l’île de Ré, il est gratuit pour les cyclistes et les piétons.

Grâce à des travaux, je profite de plus de place sans être frôlé par la circulation considérable.
C’est un bonheur de le photographier et de le filmer sans prendre de risques !
La pente est montagneuse mais il n’y a pas de vent gênant.
Le problème de mon parcours se pose à nouveau à la fin de la descente de celui-ci car je retrouve l’autoroute.
Mais un accès à une zone d’activités me délivre pour me conduire directement jusqu’à Honfleur.

L’ambiance est estivale en arrivant dans son petit port car les températures ont grimpé !
Je traverse un jardin public jusqu’à une jetée pour admirer une dernière fois le pont de Normandie et bien distinguer le port du Havre sur toute son étendue.

Les villes jumelles Trouville et Dauville m’attendent pour clore cette deuxième journée.
Plus de falaises à partir du Havre, donc moins de dénivelé !

Le soleil commence à se coucher sur Trouville, pour disparaître complètement sur les plages de la ville voisine.
Les bosquets bordant celles-ci sont tranquilles pour ma deuxième nuit plus chaude que la précédente, et sans mouettes.

Troisième jour et j’espère fin du trajet aller.
Les bonnes prévisions météo m’incitent à flâner comme un vrai touriste à bicyclette !
Avant les plages du débarquement, quelques belles villes sont sur mon parcours, comme Houlgate ou Cabourg, avec toujours de ravissantes demeures normandes.

En contournant la baie de l’Orne, je découvre Ouistreham, qui fait partie des ports permettant de traververser la Manche pour l’Angleterre.
D’ailleurs un ferry de la compagnie Brittany ferries s’apprête à lever les amarres.
Tout en traversant un beau marché aux poissons, je ne peux m’empêcher de déguster quelques crustacés bien frais pour reconstituer mes réserves  de protéines !

Un peu plus loin, j’ai rendez-vous avec le Général de Gaulle, non loin de  » Juno Beach « , à Courseulles-sur-Mer !
En effet, c’est en ce lieu qu’il débarqua le 14 juin 1944 pour la première fois en France, quatre ans après son appel du 18 juin 1940.

Après une longue ligne droite interminable, voilà enfin les plages du débarquement avec Arromanches-les-bains.
C’est une des plus connues, avec notamment ses pontons qui émergent encore au large du port Winston.

Il y a bien sûr un musée qui offre une vue panoramique à 360 degrés depuis les hauteurs, ainsi qu’une reconstitution très artistique de scènes de combats.
Plus bas dans la ville, même décor tout aussi impressionnant …

En suivant la piste cyclable qui remonte sur les falaises, je me retrouve face aux batteries de canons démesurés de Longues-sur-Mer.

Avant Colleville-sur-Mer, passage par le charmant port de pêche de Port-en-Bessin.
Je pense avoir trouvé mon dîner du soir  » Aux Délices de Normandie  » qui prépare normalement des sandwichs maison, mais qui hélas n’a plus de pain en fin d’après-midi !

Le grand moment m’attend avec le cimetière américain de Colleville.

Malheureusement, une profonde déception m’attend car il ferme à 18 h, juste après le baissé de drapeau; ce que j’ignorais complètement par manque de préparation !

Je n’ai plus qu’à me rabattre sur l’Overlord Museum et son exposition en plein air, sans oublier la boutique pour quelques souvenirs à glisser dans les sacoches.
En essayant quand même de pénétrer dans le cimetière, j’accède à une vue panoramique sur Omaha.

J’essaie d’oublier cette désillusion en regagnant cette non moins célèbre plage, but de ma randonnée cycliste.
Ne sachant toujours pas ce que je vais avaler, je suis victime à nouveau des couchers de soleil dont je fais le plein depuis mon départ.

Il y a bien une baraque à frites mais je décide de prolonger jusqu’à la Pointe du Hoc, quite à revenir ensuite.
Au passage je repère un blockhaus qui pourrait me servir de refuge pour ma troisième nuit.

Ce n’est plus mon itinéraire et cette pointe me semble au bout du monde alors que le crépuscule m’entoure.
Je force sur les pédales avant que notre astre ne disparaisse sous l’horizon !
Mission accomplie et le spectacle est à la mesure de l’effort.

Remarquant qu’il se fait tard, et avant de passer la nuit sur place pour la plus belle de l’excursion, je reviens au niveau du  » Tivoli « , repéré auparavant .
Cela me changera des sandwichs ou du MacDo et le chef peut encore me mijoter des tagliatelles aux fruits de mer à cette heure tardive.
En plus, le patron est un motard baroudeur surtout en Afrique et passionné du Paris-Dakar.
Je vous le recommande car je suis comme à la maison !
Les clients précédents ont même laissé du cidre.
Cette soirée est bien agréable mais il faut songer à se reposer car demain le retour est prévu …

Pas le temps de retourner jusqu’au blockhaus repéré à Omaha et puis je préfère la tranquillité de la pointe du Hoc.
Rien de tel que de passer la nuit, bien calé dans de l’herbe moelleuse au fond d’un trou d’obus, à contempler la voie lactée dans un silence de cathédrale.
Ce ne fut pas le cas le jour du débarquement !

M’étant couché plus tard que d’habitude et les mouettes n’étant pas au rendez-vous, une grasse matinée involontaire débute ce quatrième jour.
C’est ce que je constate, à mon grand désarroi , en sortant la tête du sac de couchage !
Heureusement, la Pointe du Hoc n’est pas encore fréquentée à cette heure matinale.
Pas de temps quand même à perdre si je veux faire l’ouverture pour 9h du cimetière américain de Colleville, après mon retard de la veille.

Je devrais normalement être en train de pédaler vers Le Tréport, mais c’est sur le retour et je ne sais pas quand je reviendrai …
Les bicyclettes doivent bien sûr rester à l’extérieur.
Cependant le surveillant en chef, rencontré la veille lors de la fermeture, accepte que je la laisse devant leur poste de surveillance.
Difficile de laisser  » Victoire  » avec tout son équipement !

Moi qui pensais n’y passer que peu de temps, je suis subjugué par l’émotion que dégagent ces alignements parfaits de croix, au sein d’un espace naturel entretenu comme une horloge suisse.
Il vaut mieux être matinal si on veut éviter la foule de touristes de toutes nationalités !

M’étant isolé dans les arbres bordant le cimetière pour me soulager, je me fais remarquer par l’un des gardiens de patrouille.
Après avoir attendu la sonnerie des onze heures puisqu’elles sont marquées par la mélodie de Big Ben, je reprends enfin le chemin du retour !

Inutile de vous dire qu’il va se faire plus directement, en deux jours au lieu de trois pour l’aller, car le Ch’ti Bike prévu avec Félix pour le week-end m’attend.
Je roule moins proche des falaises mais je suis les départementales côtières assez tranquilles.
Au niveau de Port-en-Bessin, je descends quand même vers son port pour repasser par  » Les délices de Normandie « .
Leurs sandwichs maison, manqués la veille, m’attendent pour le déjeuner et en prévision du dîner.
Pour le midi, il y en a un au camembert de Normandie bien sûr !
Je me fais plaisir aussi avec un gros caramel mou d’Isigny car je vais accélérer le rythme pour récupérer le temps perdu dans le cimetière américain, que j’aurais dû visiter la veille.

Petit changement aussi à Ouistreham au moment de récupérer l’Orne.
A l’aller, je m’étais rendu compte que je n’avais pas franchi le Pegasus Bridge.
Cette fois-ci, passage sur la piste cyclable le long du canal de la rivière pour l’emprunter car il est baissé.
Encore beaucoup de touristes autour de ce lieu militaire du débarquement !

Le temps est toujours parfait mais, autant le vent d’ouest avait été défavorable à l’aller, celui de nord-est soufflant actuellement, n’épargne pas non plus mon retour.
Aucun souci d’accès cette fois-ci pour profiter une nouvelle fois de la beauté architecturale du Pont de Normandie.
La traversée du Havre n’est aussi qu’une formalité.
Hélas, pas de souper à  » La Belle-Iloise  » car ils viennent de fermer !
Pensant vivre à nouveau une nuit à Etretat, je prolonge jusqu’à Fécamp.
Je me souviens qu’en explorant le Cap Fagnet, il y avait des petits bois parfaits pour ma quatrième et dernière nuit.
Avant le sommeil, je savoure les deux autres sandwichs normands un peu plus ramollis !

Plus de grasse matinée en ce début de cinquième et dernier jour !
Je me rapproche de Saint-Valéry-en-Caux pour ensuite contourner Dieppe rapidement et retrouver le point de départ.
En roulant à plus vive allure et en consacrant moins de temps photographique, c’est avec étonnement que je découvre les panneaux de Mers-les-Bains et du Tréport.

La voiture est heureusement toujours stationnée face à la gare !
Après un petit rangement et la réhydratation nécessaire, la tentation d’immortaliser toutes ces belles demeures de Mers s’impose.

Surtout qu’il n’est que midi en ce vendredi 23 août et qu’il ne reste que deux heures de route pour retrouver la maison.
J’aurais même presque pu me baigner car j’adore les galets au détriment du sable !
Il y a aussi de succulentes odeurs qui se dégagent des tables de terrasse mais je ne veux pas reprendre les calories perdues …

Finalement ce mois d’août se termine mieux qu’il n’avait débuté et je pense avoir autant voyagé que lors de celui de 2018 !
Il y a encore tellement de magnifiques régions françaises à explorer à deux roues, comme  » La route des Grandes Alpes  » entre Annecy et Nice …..

About Philippe

Depuis qu’il retrouve ses élèves à vélo, il ne peut désormais plus s’en passer au point de faire le Tour de la France sur sa bicyclette.

2 thoughts on “Côtes de La Manche”

  1. Moulin

    Beaucoup de jolis souvenirs à emmagasiner pour les périodes moins propices à ces longs périples à vélo. Bravo pour ce courage et tes gentilles attentions . Bisous Isa

    1. Philippe

      Merci Isa, C’est sympa d’apprécier ! Bisous Phil

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